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Sécurité routière pour de vrai : rouler sur la neige

Le 15 janvier 2016
Malik
Malik "Pifpaf" Bahri
L'auteur.

Bonjour,

La sécurité routière, ce n’est pas vraiment l’objet de base de cette section auto. Mais ce matin, j’ai eu la surprise de rouler dans la neige pour aller au turf. Et là tout le monde a sorti son gros 4*4 : Range, X5, Defender, Pajero, Land Cruiser, et même un Lamborghini LM002 (véridique, damn, j’ai raté la photo).
Qui ne sont probablement pas les véhicules les plus adaptés pour rouler sur la neige…

  • Je lis tellement de conneries au sujet de la circulation sur neige, que je me dois d’apporter un certain nombre de précisions à ce sujet.

Il y a cinq facteurs qui influent sur la qualité de l’adhérence de votre véhicule sur la neige (ça s’applique, au moins partiellement à : la pluie, la boue, les mélanges boue-neige).

En cas de verglas, grêlons et autres feuilles mortes, il faut éviter au maximum de rouler et abriter le véhicule. Les feuilles et le verglas sont particulièrement traites, ne sous-estimez pas ce danger, et levez le pied au maximum, quitte à rentrer à 20km/h.

Revenons à la neige/pluie/boue :

Vous pouvez rouler normalement en modérant votre allure, tant que vous êtes en ligne droite, les descentes et les courbes, demandent plus de circonspection, n’hésitez à jouer du frein moteur, en dernier lieu de la pédale de frein.
Ce matin, avec l’E500 4matic, j’ai senti une dégradation de la tenue de route sur neige par rapport à mes anciennes Citroën hydropneumatiques… Pourquoi ?

Neige E500 (2)

Voici les cinq facteurs qui vous permettent d’arriver avec la même voiture qu’au départ du trajet.

  • Les pneus neige, la base : c’est normalement connu, mais rappelons-le, les pneus neige/boue n’ont pas seulement des sillons adaptés, mais surtout, leur gomme à la silice convient mieux aux basses températures, c’est-à-dire qu’elle durcit beaucoup moins vite qu’une gomme « été » au froid.Le corollaire, c’est qu’il est risqué de rouler en pneu hiver l’été, ces pneus hiver durcissant au-dessus de 20°, et occasionnant des problèmes de tenue de route similaire aux pneus « été » utilisés à basse température.
  • La qualité des liaisons au sol, mets de l’huile : un point dont personne (hormis certains forums) ne parle. D’une manière générale, les suspensions hydropneumatiques ou pneumatiques sont plus efficaces que les ressorts, car les roues « collent » mieux à la route. Les suspensions métalliques sont à tester, les voitures « molles », n’étant pas forcément plus mauvaise que les « dures », au contraire. Évidemment, des systèmes de suspensions entretenus sont un plus. Dernière chose : les suspensions oléopneumatiques non-pilotées, type voiture des 70’-80’-90’ sont plus efficaces sur neige que leurs équivalents récents pilotés, systématiquement.
  • La largeur des pneus, ce n’est pas la taille qui compte : un critère ô combien sous-estimé. Regardez un rallye sur neige, ils remplacent les larges pneus par des galettes. Pourquoi ? Parce que l’adhérence se mesure en masse par centimètre carré, en réduisant la largeur des pneus, on augmente mécaniquement la pression au centimètre carré.
    Par ailleurs, les pneus larges (+ de 220mm) qui équipent de plus en plus de véhicules (vous savez la mode débile des jantes de 19pouces sur des TDI 150 chevaux), favorise un effet « luge » sur la neige molle. La bonne nouvelle, c’est qu’en France et pour certaines voitures en Suisse, il est autorisé de monter des jeux de roues neige de dimensions inférieures. Profitez-en, surtout si vous roulez dans une voiture pas trop puissante ou youngtimers, qui autorise normalement des roues de petit format (sans parler du gain de confort en repassant sur des pneus épais).
  • Le poids du véhicule, light is right : si le poids du véhicule n’a pas de rapport sur l’adhérence des roues (vu que c’est le rapport masse max/centimètre carré), il a une influence sur son inertie : plus de déports avec un véhicule lourd dans les virages.
  • Les roues motrices, le mythe de l’intégrale : on conseille souvent d’avoir une intégrale pour être plus efficace sur la neige. C’est vrai et c’est faux. C’est vrai dans un monde idéal : généralisations des suspensions hydropneumatiques et roues fines et épaisses, en gros, on roule tous en Citroën DS – 4Matic. Dans la vraie vie, sur le plat, vous serez plus efficaces avec une traction avant, voire même une traction arrière, comme par exemple une ancienne Mercedes SL ou SEC hydropneumatique, qu’avec un gros SUV intégral. Donc à caractéristiques égales, il faudra bien sur privilégier une intégrale. Mais la finesse des pneus ou avoir des suspensions non-métalliques sont des facteurs importants. L’intégrale servira surtout si vous montez régulièrement en montagne.

L’arme absolue sur neige:

citroen-sm-101-Spiral-NM-01-XM-V6-24-ready-to-go-

Si on respecte parfaitement le cahier des charges ci-dessus, la meilleure voiture pour rouler sur neige est la Citroën BX 4TC, une version rallye de la BX, façon Lancia Delta HF. A moins que vous soyez collectionneur Citroën, ou fan d’opération Corneed Beef, vous ne roulerez jamais en BX 4TC.

De manière plus réaliste, si votre véhicule est trop éloigné de ce cahier des charges (propulsion, suspensions métal, pneus larges), vous pouvez éventuellement acquérir : une Xantia 2.0L non hydractive, un fiat Panda 4*4, une 2CV, une Citroën GS ou CX, ou encore une exotique Daihaitsu Sirion… Elles sont moins glamours, mais autrement plus efficaces pour rouler la neige boueuse.

Soyez prudents et bonne route.
Malik.