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Analyses
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Le green washing horloger : reductio ad absurdum

Le 2 juillet 2019
Malik
Malik "Pifpaf" Bahri
L'auteur.

Bonjour,

Désolé, publications irrégulières, David Rutten, toussa (soutenez ce blog, achetez-nous une montre, dieu, la spéculation vous le rendra…).

Un petit sujet, inspiré par un article de Business Montres et l’article du JSH, sur l’échec de « Baume » et sa tentative de green washing. Baume n’est pas la seule marque à avoir tenté quelque chose sur le thème, mais ce sont les derniers en date…

A propos du JSH : c’est un journal tourné vers les fournisseurs de l’horlogerie, sur une ligne éditoriale aussi disruptive que puisse la produire un rédac chef Suisse, ici Joël A. Grandjean… Ce premier numéro du JSH nouvelle version parle aussi des matières luminescentes, on y reviendra dans un article prochain…

David Rutten JSH

Le monde l’horlogerie, ce sont les combles des paradoxes… Les paradoxes sont même une règle, comme si cette industrie ne se remettait pas d’avoir survécu à la crise du quartz, en basant tout son business sur une technologie complètement dépassée : la mécanique horlogère.

Imaginez si l’industrie automobile produisait des voitures avec le même contenu technologique que dans les années 1950…
Cela dit, je l’annonce ce 02/07/2019 : le marché automobile va progressivement se splitter en deux : d’un côté les grosses cylindrées atmosphériques, style V8 et autres V10 de 500-600cv pour les puristes. De l’autre les cochonneries électriques bobo-éco-responsable ou on veut vous avaler qu’une Tesla de 2200kg, c’est un acte écolo… Alors que la vrai écologie, ça serait d’entretenir au maximum les voitures anciennes, dont le coût écologique de production a été amorti depuis longtemps. Dans ce sens, le fameux G-Wagen des époux Holtorf, 300GD, qui roule au mazout lourd, qui a parcouru dans les 900.000km, est infiniment plus écolo qu’une fumisterie californienne produite en pleine crise écologique où il a fallu miner énormément de terres rares pour fabriquer les quelques 800kg de batteries d’une Tesla.

Évidemment, si je vous parle du poids des batteries d’une Tesla, c’est que la masse est la donnée-clef dans toute considération écologique sérieuse.

Même les raisonnements, fumeux, autour des émissions de CO2 (un gaz naturel de l’atmosphère qui est passée en 150ans de 280ppm à 430 particules par million et qui serait responsable d’une augmentation de la température de 0.8°…), se calculent en tonnes.
Ces mêmes partisans de la thèse du CO2 comme principale cause du dérèglement climatique (avec des hivers qui se prolongent jusqu’au 22mai cette année en Suisse), éludent l’influence, massive, de la déforestation de masse, du bétonnage de masse, de la désertification de masse, de la pesticidation* de masse, de l’émission de masse de gaz toxiques… Et ces thénardiers en sont à recruter des petites handicapées pour faire passer la pilule; 30ans après, on nous refait le coup des couveuses Koweitienne  à l’ONU…

Et que l’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas : oui, l’écologie est le problème majeur de l’époque, mais tous les discours autour de l’écologie sont complètement biaisé. Autre petite démonstration, toujours sur le CO2, parce qu’il parait que c’est est le problème central. On rappelle que ce gaz inoffensif est indispensable, puisqu’il nourrit par ailleurs les plantes, la base de notre alimentation…
Selon le GIEC, voici dans l’ordre décroissant les sources d’émission de CO2 : 1) l’agriculture 2) le bâtiment (construction, entretien, chauffage) 3) l’industrie 4) le transport (y compris les locomotives Diesel et autres super-porte-containers au vrai fioul lourd)… Le transport individuel, représente, suivant les éditions, les sources, entre 3% et 6% des émissions mondiale. Donc peanut. Vous pouvez tous retournez acheter des Mercos AMG63  en fait ça changeras wallou. Un humain moyen mange environ 2.5 kilos par jour, soit environ 73000kg dans une vie . Et c’est pourquoi, faire pousser, transformer et transporter de la nourriture, coûte aussi cher écologiquement. Surtout depuis la révolution verte, qui a fortement mécanisée et « chimiquée »* la production alimentaire, envoyant des millions de paysans s’ennuyer et mourir dans des ghettos, des banlieues, des bidonvilles, à Brazaville, à Soweto, à Sao Paulo…

Allez… Vous voyez où je veux en venir avec cette démonstration bordélique : le cœur de toute considération écologique, c’est la masse de matière.

Et j’ajouterais même la masse rapporté à la valeur de marché dudit produit.

C’est pourquoi le green washing, est absolument absurde dans l’horlogerie de luxe… Encore plus d’ailleurs, que dans la joaillerie, ou l’on retourne énormément de terre pour trouver des petits cailloux de couleur…

L’horlogerie de luxe, c’est des objets de 25 à 350 grammes, que l’on vend pour des prix effarants au regard du PIB moyen par habitant de la terre (environ 11000$/an). Donc, en général, on place quelques dizaines de grammes de valeur ajoutée Suisse, pour un an de revenu moyen d’un humain…
Même des loisirs réputés sportif-écolo-équitable, style le VTT, la Rando, la planche à voile, ont des bilans écologique bien plus lourd pour 11000$ dépensés dans l’activité susdite.

En fait, à part la philatélie de collection et la permaculture (et encore, les outils, les déplacements, ont aussi un coût écologique…), je vois mal un loisir aussi écolo que l’horlogerie de luxe.

  • Pour 500000$ vous avez une maison moyenne de 300tonnes, ou une Greubel Forsey de 200grammes…
  • Pour 150000$ vous avez une auto de luxe de 2tonnes ou une Patek 5270 de 120grammes…
  • Pour 10000$ vous avez un ensemble home cinéma de 50kilos ou une Rolex sport de 150grammes…
  • Pour 700$ vous avez une semaine en club au Maroc (donc 6000 bornes en avion) ou une « Baume » de 50grammes…

Le green washing est absurde dans l’horlogerie de luxe, car c’est l’activité trappe à pognon par excellence comparé à la très faible masse vendue. Qui fait que les gens ne vont pas se tourner vers des consommations plus coûteuses écologiquement. La prochaine fois qu’un écolo-curé vous fait une remarque sur votre Rolex ou votre Panerai à un dîner de famille, vous au lieu de lui coller un légitime coup de plafond, demandez-lui le bilan carbone de son dernier voyage en Inde, qui a coûté seulement la moitié du prix de votre tocante en acier…

Celui qui a tout compris, c’est Aurélien Barreau, l’écolo qui porte une Rolex GMT en or (bracelet or), à 30 tickets, et selon la démonstration précédente, il a totalement raison… Auré, on sait que tu aimes les montres de lusque, et l’Astrophysique, ça tombe tellement bien, avec David, on propose une montre de luxe en météorite (promis, on travaille encore pour trouver la météorite en or, ça existe théoriquement…) : www.davidrutten.com

Aurélien Barrau et sa Rolex GMT en or, comme quoi, l’Astrophysique… 

Aurélien Barrau

 

Tout ceci, soulève trois questions :

  • 1) Comment communiquer là-dessus, sans faire un green washing naze, et faire passer la pilule du coût délirant des montres ?
  • 2) Beaucoup de marques méprisent plus ou moins ouvertement les clients de montres à 5000€, car ils ne s’intéressent qu’au braconnage des « collectionneurs », pourtant, même un « petit client » englouti une somme phénoménale dans une montre… On rappelle que dans la perception du public occidental une montre de luxe coûte 200$… On reviendra plus longuement sur certaines réalités.
  • 3) Comment la survaleur ajoutée de l’horlogerie s’est construite au fil du temps, j’annonce, ça démarre avec le paysan-horloger. D’ailleurs, Donzé, l’historien à produit un bouquin sur « l’invention du luxe » dans l’horlogerie, à lire toujours dans le JSH.

 

A bientôt.
Merci de votre lecture.
Malik.

 

*oui, oui, ce mot n’existe pas.