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Revues horlogères
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Rolex Daytona 116500 LN cadran blanc : la synthèse

Le 8 avril 2016
Malik
Malik "Pifpaf" Bahri
L'auteur.

« Si à 50ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie. » Jacques Séguela

Bonjour, bonsoir, donc.

Dans la vie, il y a des choses immuables : le Big Mac à la sortie de la gare, le politicien véreux avec un compte offshore, le protocole de la couronne Britannique, la Mercedes Classe-E et la Rolex Daytona.

Dans ces deux derniers cas d’ailleurs, on peut supposer qu’il y a un comité de pilotage et de validation des produits particulièrement conservateur, ou l’immobilité est synonyme d’efficacité. On ne change pas une icône comme une collection d’H&M ou le string-ficelle à Rihanna, et la Daytona est tellement immuable, qu’on se demandait s’il y avait encore un pilotage.

Changer la Daytona ? Autant proposer d’ouvrir une charcuterie à Téhéran ou un Mac Do sur la place rouge.

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Le modèle précédent, la 116520 avait ainsi 16ans, depuis que je m’intéresse à l’horlogerie, je n’ai ainsi connu que ce modèle en boutique, dommage, car c’est à mon sens la Daytona la moins réussie de l’histoire de ce chronographe. Un peu comme si la vilaine Merco Classe E W210 avait duré 16ans…
Alors que la laideur caractérise la W210, l’ennui caractérise la Dayto 116520. C’est un peu comme être enfermé avec Etienne Klein (le physicien), au mitard, pendant 16ans, ce n’est pas inintéressant, c’est un excellent produit, mais putain, qu’est-ce qu’on s’emmerde.

Alors, que si on revient à la base, à la Rolex 6240 & 6241 (les deuxième et troisième Dayto), sans être ultra-funky, c’était quand même beaucoup plus vivant que dans les dayto des années 80-90 et surtout 2000 : Daytona en rouge, sous compteurs noirs sur fond blanc, voire index design 60’ sur les versions Paul Newman et surtout lunette bakelite.
Nous y voilà.

La grosse nouveauté, un petit pas pour l’horlogerie, un grand pas pour Rolex, c’est la lunette céramique, que l’on avait déjà vu sur les Daytona or et la version platine anniversaire (la très belle 116506), ainsi que les GMT et autres Submariner & Sea Dweller.

Rolex 116500 LN Daytona Cadran Blanc (5)

Alors en soit, la céramique, c’est ancien : c’est utilisé par Rado depuis 1972, et massivement par l’horlogerie depuis une dizaine d’années. Mais chez Rolex, on aime la fiabilité, et je suppose que cette timide introduction reflète un long temps de brevetage et de test de divers types de céramiques (donc la variété est potentiellement quasi-infinie, contrairement aux alliages d’aciers, de titane ou de bronze, qui sont plus limités en terme de nombre d’éléments chimique de base).

Ce matériau, gagne nécessairement en esthétique ce qu’il perd en résistance à la casse. Mais Rolex a dû juger cette lunette suffisamment fiable pour utilisation quotidienne. Le gain esthétique se situe sur deux plans, d’une part, la céramique est inrayable, ce qui est toujours intéressant, par rapport au relativement tendre acier polis 916L de la lunette de la Dayto précédente. D’autre part, et c’est là sont atout, il est d’une magnifique couleur noire avec des reflets anthracite, clinquant, mais pas trop, juste comme il faut.

Cette lunette noire transfigure la montre, c’est presque un retour aux sources, surtout dans la version cadran blanc.

Une montre qui fonctionne esthétiquement, c’est comme une œuvre qui est réussie : ça tranche, ça coupe, ça contraste, ça monte, ça descend. Typiquement la nouvelle DB28 Kind of Blue n’est probablement pas la plus belle De Bethune pour cause de monochromie aggravée…

L’intérêt de la 116500 LN cadran blanc, provient de ses contrastes entre les zones blanches et noires (elle reprend de tour des sous compteurs noirs de la Dayto Zénith, tant mieux, le gris métal du tour des sous-compteurs de la 116520 n’était guère convaincant), du subtil équilibre entre la taille de l’espace entre le rehaut et les sous-compteurs et du diamètre des sous-compteurs eux même.
La séquence colorimétrique noir/blanc/noir/blanc combiné avec l’inscription « Daytona » en rouge, renforce le dynamisme visuel de la pièce, avec en ligne de mire, la 6240 des années 60.
Ce n’est pas à proprement parler une néo-vintage, mais une synthèse de l’ensemble des meilleurs codes de la Daytona au travers les décennies.

Rolex 116500 LN Daytona White Dial (8)Rolex 116500 LN Daytona Cadran Blanc (8)

D’ailleurs, le boîtier, le même que la 116520, reste très typé années 60, avec le galbe doux de sa carrure (relativement fine, pour une fois chez Rolex-Tudor, enjoy !). Les longues cornes sont aussi typiques d’une époque où les montres étaient plus petites que maintenant. D’ailleurs, ma seule réserve sur cette pièce est son diamètre de 40mm (sur env. 12.5mm), un ou deux millimètres n’auraient pas été de trop face aux mastodontes du marché. Je sais que c’est le retour des montres de taille moyenne, mais 40mm, surtout avec une lunette relativement large, ne me paraissent pas d’actualité. Mais je suppose que ça dépend de la taille de votre poignet. Celui-ci sera habillé du bracelet Oyster, si son alternance de maillons polis et brossés correspond bien à l’esprit de la pièce, qui alterne les parties mates et polis, il reste un attrape rayure au niveau du maillon central…

Rolex 116500 LN Daytona White Dial (11)Rolex 116500 LN Daytona White Dial (10)

Au moins, avec 40mm, on ne risque d’avoir un effet sous-compteurs qui nagent dans un boîtier trop grand, le calibre chronographe automatique (bidirectionnel svp) maison 4130 rempli bien le boitier avec ses 30.5mm sur 6.5mm (ce qui permet de conserver une épaisseur de boîtier raisonnable de 12.5mm). L’épaisseur inférieure à un 7750, permet d’avoir un boitier assez fin pour cette Dayto, ce qui préserver l’esthétique, comme l’absence de vilaine petite date !! Alléluia !! Aucun doute, Jésus portait une Daytona.

Aucun doute, Jésus portait une Dayto  (photos ED L’épicier) :

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Comme quasiment tous les chronos du marché, il est fréquencé à 28800 a/h mais pour une réserve de marche plus longue : 72h. Et il bénéficie d’une roue à colonne et de finitions, qui sans être de « Haute Horlogerie », sont supérieures aux autres calibres Rolex et aux mouvements chronographes équivalents du marché (à part le B01 de Breitling, qui est sensiblement au même niveau). Le prix lui, est, par contre, supérieur d’environ 3000chf au prix de marché pour ce type de pièce. L’avers de la médaille, c’est que c’est une pièce très facile à revendre, ou l’on perd peu d’argent, contrairement à des équivalents moins coûteux à l’achat, mais ruineux à la revente.

Rolex 116500 LN Daytona Cadran Blanc (2)Rolex 116500 LN Daytona White Dial (16)

La seule nouveauté du calibre 4130 dans cette boite de 116500 : c’est la nouvelle marotte de Rolex, c’est d’affirmer que la précision tourne entre +2 et -2 secondes par jour. Je n’ai pas de doute quant à la capacité industrielle de réaliser cet exploit, d’autant que les 7750 ici et là, tournent souvent autour de ces valeurs. Néanmoins, j’aimerais bien faire un essai prolongé du modèle pour le constater en vrai, un vieux fond de rolospectissisme sans doute… Comme ceux qui me connaissent, je ne suis pas un fervent rolophile, cette passion m’a toujours rendu perplexe…

  • Mais cette 116500 LN marque un tournant dans l’histoire de Rolex, un retour à l’âge d’or des 60-70, une synthèse de l’histoire (enfin comprise en interne ?), de la maison couronnée, après des décennies d’embourgeoisement ennuyeux. La question reste ouverte : est-ce l’influence de Jean-Frédéric Dufour qui avait déjà montré son aptitude à remettre Zénith sur les rails légitimes de son identité ?
    En tout cas, cette 116500 me donne une furieuse envie de réussir ma vie. Bien avant 50ans.

Merci de votre lecture.
A bientôt.
Malik.

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