" Ma mission est de tuer le temps et la sienne de me tuer à son tour. On est tout à fait l'aise entre assassins." Cioran
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Le Grand Prix de l’Humour de Genève édition 2017 – 3/3

Le 7 décembre 2017
Malik
Malik "Pifpaf" Bahri
L'auteur.

Salut à tous,

Enfin la troisième partie (désolé pour le délais d’attente) :

Après une catégorie phare, la montre sport : « Ulysse Nardin Marine Regatta ».

Le jury a eu la difficile tâche de choisir entre 6 montres relativement ratées ou bizarres (la Seiko et la Tudor restent tout à fait jolis et portables, mais ne sont pas vraiment nouvelles). Et pour fêter ça, ils ont pris la plus ratée. Comment vous dire… Ulysse Nardin, c’est comme cette fille un peu moche, la zézette, mais tellement sympa et cool, qu’on veut quand même coucher avec à la fin de la soirée, moyennant quelques litres de bière. Et UN, c’est ça, un énorme capital sympathie, mais des montres au look toujours baroque…

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Nous enchaînons sur la catégorie Joaillerie : « Chopard Lotus Blanc ».

Ici, c’est le syndrome inverse de la sélection précédente. Toutes les montres étaient belles et spectaculaires (La Chaumet, la AP, et la Bulgari : miam, miam), néanmoins, la Chopard se détachait des autres grâce à sa complication de boîtier : la montre figure une fleur de lotus, qui s’ouvre à la demande pour laisser apparaître le cadran. Beau et poétique, je suppose que pour les 800k demandés (pandantagueule), on peut demander un mouvement méca en lieu et place du quartz embarqué.
En plus, on a eu droit au discours de Caroline Scheufeuleu, qui accompagnait avec justesse le charme de la pièce. Magnifique.

gphg2017_chopard Lotus Blanc

La fin des catégories classiques avec les métiers d’art : « Voutilainen Aki-No-Kure ».

J’avais déjà écrit ce que je pensais de cette série de montres dans cet article, mais le choix du jury peut se comprendre, toutes les pièces pré-sélectionnées étaient belles (en particulier la Chopard et la Vacheron), mais aucune ne se détachait particulièrement, et c’est toujours plaisant que le jury récompense un indépendant comme Kari, plutôt qu’un mastodonte des budgets com’.

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La fin pointa avec l’aiguille d’or, attribué à la  « Chopard L.U.C Full Strike ».

Qui est une répétition minute dont l’innovation principale, est d’avoir des marteaux qui tapent directement sur un gong en saphir relié au saphir principal qui protège le cadran, ce qui augmente l’effet de résonnance. À noter, que JlC il y a plus de 10ans, présentait la Master Grande Complication Grande Tradition (ouf…), qui explorait déjà cette piste avec un gong métallique, relié également au saphir supérieur.
Pour avoir parlé avec un des membres du jury, il parait que cette pièce sonne très fort de manière très cristalline. Alors, même si d’autres pièces étaient plus harmonieuses esthétiquement, comme l’AP Supersonnerie ou la Haldimann Balancier Central. La L.U.C Full Strike l’emporte grâce à une spectaculaire innovation technologique. Le GPHG gagnerait à filmer ou à enregistrer les sonneries, d’une manière générale à faire un peu plus de contenus « in-house » autour des pièces, car celles-ci sont finalement peu mises en valeur…

Cela dit, ce doublé au GPHG, est amplement mérité. Car Chopard, comme Parmigiani, l’autre maison de Fleurier, est une maison très accueillante, à chaque fois que j’ai participé à un événement organisé par Chopard, j’ai toujours été surpris en bien, par la qualité d’écoute, et même de réponse de mes interlocuteurs. Je ne l’ai jamais interviewé, mais K-F Scheufeuleu, comme sa soeur, possède une excellente réputation en terme de qualités humaines. C’est assez rare pour le souligner. Félicitations donc.

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Vinrent les catégories spéciales,

La catégorie innovation mécanique : « Zenith Defy Lab ».

Comment vous expliquer le fonctionnement de cette montre ? J’en suis bien incapable puisque je n’ai pas été convié au lancement en fanfare et que sans les explications de Guy Sémon, impossible de savoir de quoi il en retourne. Mais il semble que l’ensemble du bloc d’échappement soit remplacé par un genre de super balancier-spiral d’un bloc, occupant tout le diamètre du mouvement et battant à 108000 a/h, soit 15Hz. La roue d’échappement reste néanmoins. Le bouzin aurait une précision de 0.5 sec/jour, soit la précision des meilleures montres mécaniques tradi (soit sur un malentendu, soit après être passé dans les mains d’un maître régleur) et non pas +/-2 comme le prétend à leur sujet, la propagande Hublot Zénith.
Cette montre suit en droite ligne les développements de Guy Sémon chez Tag Heuer autour des « Mikros », graph, timer, etc. Pour l’esthétique, comme cela a fait hurler sur les forums, insta et facebook, c’est une Hublot (plutôt belle), et pas une Zénith.
D’ailleurs, le CEO en second de chez Zénith (après Biver), Julien Tornare (qui remplace Aldo Magada) a passé le plus clair de son intervention à remercier Guy Sémon et surtout Jean-Claude Biver, absent pour « un problème de genoux » (ou autre chose, on sait sa santé défaillante, et on lui souhaite, sincèrement, un rétablissement complet). L’intervention de Tornare sentait franchement l’absence de confiance en soi, d’un gars qui n’a aucune marge de manœuvre.

Cette montre, fort jolie, et très novatrice technologiquement n’est juste pas une Zénith, ni dans l’esthétique, ni dans la mécanique… C’est triste, que les CEO se succèdent à la tête de Zénith, sans jamais arriver à trouver la formule magique pour propulser cette marque ; qui est pourtant l’un des noms les plus mythiques du business…

Mon avis, c’est qu’au lieu de balancer des millions en R&D, il ferait mieux de balancer des millions en concours de design, pour trouver une icône équivalente à la Bulgari Octo, par exemple. Certes Gérald Genta est mort, on peut penser à Eric Giroud ou David Rutten, par exemple….
Et pour finir sur le cas Zénith, vous pouvez remplacer Zénith par Piaget, et arriver au même dilemme : des marques avec un passé flamboyant et un futur nébuleux…

gphg Hublot Zénith Defy Lab

La catégorie revival : « The Longines Avigation BigEye ».

Ça commence fort : Baer écorche le nom de Stephan Ciejka, Edouard cherche visiblement l’incident, l’esclandre, il veut se retrouver avec une claymore devant la porte de son appart de bobo du Vème arrondissement ?

Ca enchaîne encore plus fort : William Rohr, le patron de Timezone US (soit le VRAI plus gros forum horloger du monde, passant beaucoup de temps sur les forums, je vous le certifie à 100%), qui enchaîne avec la plus grosse vanne du GPHG, « Le prix revival, soit, en Français, le prix de l’imagination », bizarrement, la salle ne s’est pas écroulé de rire, alors que la vanne est sale : le néo-vintage (que j’aime dans l’absolu), est caractéristique d’une industrie qui peine à dessiner son futur.

C’est donc Longines avec « The Longines Avigation BigEye », qui a gagné, un beau chronographe d’aviation néo-vintage, équipé d’un rare 7750 roue à colonne, soit l’une des plus belles moutures de ce calibre, pour un salaire, non seulement de pauvre, mais en plus de pauvre Frouze : 2300balles.

D’une manière générale, la collection Heritage de chez Longines, dont est issue cette pièce, est ce qui est le plus sympa chez Longines. On peut également penser à la Istituto Idrografico R. Marina ou encore à la Legend Diver, deux cartons de ces dix dernières années. Mais le meilleur, c’est le boss de chez Longines. Walter. Pas PPK. Von Känel.

Souvent, on se fait tartir le gland dans l’horlogerie. Mais jamais avec Von Känel (prononcer Vonne Quenelle). Ce mec est juste le CEO en exercice le plus mythique (à part Philippe Dufour, mais ce dernier est bien plus qu’un CEO, c’est maître Yoda en moins vert) du business.
Walter est colonel de réserve de l’armée Suisse (je vous rappel qu’un certain Rambo, John, en appelle sans cesse à un certain « Colonel », j’dis ça, j’dis rien). Il est aussi, collectionneur, pas d’un truc de gonzesse, style santons ou bougies parfumés, mais d’armes à feu : il possède 400 flingues !! C’est The Expendable en vrai. Il a plus de flingues qu’un bataillon de paras Français, il a plus de flingues qu’une cité de Seine St Denis (93 staïle represent, tavu).
De toutes les ITW de CEO que j’ai faite, c’est le plus sympa et le plus stylé. En plus, la montre est vraiment cool. Un carton en somme.

gphg2017-longines BIG EYE

Je dois signaler le prix spécial, attribué à Suzanne Rohr & Anita Porchet pour leur long travail d’émaillage qui à beaucoup contribué au prestige de l’horlogerie Suisse. Les hommages de la salle furent dignes. Bravo.

giphy

Puis, nous terminâmes par prix du meilleur apprenti, fut attribué à la jolie Besarta Murti (en couverture), et là les hommages de la salle, furent, comment vous dire…

Wolf Tex Avery

Le meilleur, c’est que Besarta, malgré le trollage intensif d’Edouard Baer, resta de marbre, maîtrisant ainsi son intervention mieux que la plupart des CEO. Chapeau.

Concluons :

Alors, on peut autant ergoter sur ce palmarès, que sur une sélection footballistique nationale, ou qu’un gouvernement Français (non quand même pas autant). Mais, le seul problème indiscutable était le montant moyen des pièces lauréates. Comme je l’ai souligné au travers des catégories, beaucoup de montre belles, mais ultra élitistes furent récompensées au détriment du moyen de gamme (le chrono Autavia de Heuer, sans Tag, aurait dû avoir le prix). L’aveuglement des paillettes ?

Néanmoins, du point de vue événementiel, ce fut la meilleure cérémonie de l’histoire du GPHG, merci l’orga, merci Baer. Merci à lui de démontrer que l’horlogerie n’a pas, par vocation à être tartante, et qu’on peut et qu’on doit se marrer autour des montres. On fait de l’entertainement, on bosse pour faire rêver, donc amuser le public, certainement pas pour l’assommer avec une morgue de notaire de province (à force de communiquer sur le discours « patrimonial », voilà le résultat…).

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Malik.